Le jus de pomme c’est sûr qu’il faut le prendre bio ? Et les oranges, si je mange pas l’écorce ? C’est grave docteur ? Vous vous posez aussi ces questions, et il faut bien avouer, on s’y perd un peu parfois. Un peu de patience, vous êtes sur la bonne voie : à la fin de cet article vous connaîtrez tous les produits qu’il faut ab-so-lu-ment prendre bio.

Bientôt, j’écrirai sur les fruits et légumes que l’on peut consommer sans modération bio ou non : mais pour cela il faudra vous armer d’encore un petit peu de patience.

Bon revenons à nos moutons. La législation a beau imposer des limites maximales autorisées, les pesticides sont nocifs, même à faible dose. Le rinçage ne suffit pas à les éliminer. Et plus il y a de résidus, plus c’est toxique.

Les pesticides, c’est donc très nocif et c’est aussi très compliqué. Dans les études, il y a plein de noms ésotériques, des molécules N-(phosphonométhyl)glycine, C3H8NO5P, des chiffres, des contre-études, de l’anglais … bref. Du coup, en février 2018, quand Générations Futures rend publique son étude sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes vendus en France, tout le monde relaie les résultats tels quels sans trop chercher à interpréter ou même comprendre.

Heureusement, je suis là et comme je suis en vacances, je me suis plongée dans le merveilleux monde des pesticides et j’ai décrypté pour vous les recherches parues ces dernières années sur le sujet.

Les dernières études en matière de pesticides : attention c’est du sérieux !

Le saviez-vous ?
L’ONG américaine EWG met chaque année à jour une étude sur les fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides aux Etats-Unis. Les données fournies par EWG sont fort intéressantes mais malheureusement elles ne sont pas vraiment transposables sur le marché européen car les modes de culture et la réglementation en matière de pesticides ne sont pas les mêmes en Amérique du nord.

1. Générations Futures – février 2018

Pour établir cette liste, je me suis donc principalement fondée sur la toute dernière étude de Générations Futures de février 2018 dont je vous parlais plus haut. Chaque année, la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) mène des campagnes de surveillance annuels sur différents produits alimentaires au niveau des supermarchés et des grossistes français. En compilant les données de 2012 à 2016, Générations Futures a réalisé un classement de 19 fruits et 33 légumes consommés en France et issus de l’agriculture conventionnelle, en fonction de deux critères : 1) les taux de contamination par les résidus de pesticides et 2) les pourcentages de dépassement de Limites Maximales de Résidu (LMR).

Il s’avère que plus de 72% des échantillons de fruits et 41% des légumes non issus de l’agriculture biologique contiennent des résidus de pesticides. Et, mauvaise nouvelle, beaucoup des produits concernés sont consommés quotidiennement par les Français …

Cette enquête est très importante car il s’agit de la première étude menée sur une période assez longue (5 années) sur des produits issus exclusivement du marché français. Mais il m’a semblé pertinent de faire des recoupements avec d’autres études récentes.

2. EFSA – 2015

Selon une autre étude de 2015 de l’EFSA (Agence Européenne de Sécurité des Aliments), près de 46% des denrées consommées en Union Européenne contiennent des résidus de pesticide détectables et 2,8 % des échantillons testés dépassaient nettement les limites légales. De plus, des résidus de plus d’un pesticide (appelés « résidus multiples ») ont été détectés dans 28 % des échantillons. L’effet cocktail, vous en avez entendu parler ? Rien à voir avec les mojitos … L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) travaille sur cette question de « l’effet cocktail », selon lequel la toxicité des pesticides augmente lorsqu’ils sont mélangés.

Bon à savoir : Générations Futures a critiqué les méthodes de calcul de l’EFSA, ce qui laisse penser que les chiffres fournis sont inférieurs à la réalité …

3. PAN Europe – 2012

Ma troisième source : PAN Europe (Pesticide Action Network Europe) – un réseau d’ONG environnementalistes dont Générations Futures fait partie –  a réalisé une étude sur les perturbateurs endocriniens chimiques dans les produits alimentaires de l’Union Européenne. Vous pouvez accéder au document en suivant ce lien, la lecture est accessible au grand public ! En page 26-27, vous trouverez le  « Top 10 des fruits et légumes les plus ‘perturbateurs’ de l’Union Européenne« .

4. UFC Que Choisir

L’UFC Que Choisir réalise régulièrement des études sur les pesticides dans les fruits et légumes, en toute impartialité.

Bon tout ça ça reste un peu abstrait, passons au vif du sujet. En recoupant les informations issues de toutes ces études, voici mon classement des fruits et légumes les plus maltraités :

Les fruits à acheter bio

1. Le raisin, le fruit le plus gourmand en pesticides

En France, 20% des pesticides sont utilisés pour la viticulture alors que la vigne représente moins de 4% de la surface agricole française … Ça fait beaucoup des pesticides pour peu de surface, non ? A savoir, ce sont essentiellement des fongicides car la vigne est sensible aux champignons (le « mildiou » est le cauchemar des viticulteurs). Le gros inconvénient du raisin est qu’on le consomme avec la peau et que c’est là que se déposent la majorité des pesticides.

Dans la dernière étude de Générations Futures, 89% des échantillons de raisins non bio présentaient des traces de pesticides. De plus l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a indiqué dans son rapport de 2015 qu’1,7% des échantillons analysés dépassaient les limites maximales de résidus de pesticides fixées par la réglementation européenne, appelées LMR (Limites Maximales en Résidus). Dans une autre étude rendue publique le 1er mars 2018, menée dans 5 pays de l’UE par 5 ONG environnementales, 99,2% des raisins analysés contiennent des résidus de pesticides et 4,8% des échantillons dépassaient les LMR.

L’UFC Que Choisir a publié en septembre 2016 une étude comparative sur les pesticides dans les fruits. Conclusion concernant le raisin bio et non bio : 18 échantillons de raisins non biologiques sur 27 contiennent de 5 à plus de 10 molécules nocives, alors qu’aucune substance nocive n’a été détectée dans 12 échantillons de raisin bio sur 13.

Il en est logiquement de même pour les raisins secs et … le vin. Que Choisir a établi un comparatif des pesticides dans les vins de Bordeaux (décembre 2017) indiquant que la plupart sont contaminés. En comparaison, 50 vins bio ne contiennent aucune trace de pesticides dans leur comparatif de vins bio de 2011. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à regarder le replay de l’émission Cash Impact sur les pesticides (février 2018).

2. Les agrumes : à choisir bio si l’écorce est consommée, sans préjugés sur leur couleur de peau !

Ici je vous parle des clémentines, mandarines, pamplemousses et des citrons. Ces fruits sont abondamment traités car ils sont sujets à des maladies virales et ont beaucoup de prédateurs (en particuliers des insectes comme les cochenilles et les pucerons) : on les traite avant récolte avec des anti-parasites, et après récolte avec des fongicides pour éviter qu’ils ne moisissent avant d’arriver sur les étals. Autre procédé courant : le déverdissage des agrumes. Quésako ? Un agrume peut avoir une peau de couleur non uniforme (verte par endroits) tout en ayant parfaitement atteint sa maturité. Le problème, c’est qu’un fruit vert, ce n’est pas « sexy » aux yeux du consommateur. L’agrume peut donc être « déverdi » selon deux techniques courantes : l’application d’un produit chimique, l’éthéphon, et un gazage du fruit à l’éthylène pour le rendre plus beau à la vente.

Voici les données de l’étude de Générations Futures de février 2018 :

AgrumePourcentage d’échantillons qui contiennent des résidus de pesticides mesurésPourcentage d’échantillons dépassant les Limites Maximales en Résidus (LMR)
clémentines / mandarines88,4%3,7%
pamplemousses / pomelos85,7%3,8%
oranges80,6%4,4%
citrons77,3%2,9%
citrons verts64,8%3,7%

Dans son étude sur les citrons bio et non bio (2017), l’UFC Que Choisir nous indique qu’ « aucune des substances recherchées n’est retrouvée dans les échantillons de citrons bio, « seuls les lots non bio présentent des résidus (3 à 7 molécules) issus de pesticides, dont un lot avec des dithiocarbamates, une famille de molécules dont certaines sont soupçonnées d’être perturbatrices endocriniennes. »

Dans l’étude de l’EFSA (2015), 5,6% des échantillons de jus d’orange contiennent des résidus multiples (attention à l’effet cocktail). Prenez donc garde aux jus de fruits : lorsque la peau de l’agrume est en contact avec la pulpe, une partie des contaminants peut migrer. Des journalistes de la Radio télévision suisse ont obtenu des résultats comparables en 2012 : sur 16 jus d’orange provenant de bars à jus et commerces de Suisse romande, 13 produits contiennent des traces de pesticides et certains en renferment plusieurs.

Par ailleurs, en achetant vos agrumes en supermarchés, vous avez peut-être déjà rencontré en magasin la mention « non traité après récolte ». Ne vous y fiez pas, cela signifie en général qu’il y a eu traitement du produit avant la récolte. Nos amis suisses ont mis en évidence que cette mention peut être franchement trompeuse. Seul le label « agriculture biologique » garantit l’absence de traitement avec des pesticides de synthèse potentiellement nocifs.

Si vous utilisez l’écorce ou le zeste (en pâtisserie, marmelade …) il est donc impératif  de privilégier des agrumes bio (sans oublier les kumquats, qui se mangent avec la peau) ! Et ne vous fiez pas à leur écorce verte ! On dit d’ailleurs que la couleur naturelle de la clémentine corse est orange avec un « cul vert » 🙂

3. La cerise et la fraise, des petits fruits fragiles et (mal)traités

Vous en raffolez sûrement, mais attention, les cerises et les fraises sont très fragiles et donc abondamment aspergées de pesticides.

La cerise en particulier est très appréciée de beaucoup de parasites, notamment la « mouche de la cerise », qui pond des œufs dans les fruits quand ils sont mûrs (miam), ce qui a un effet dévastateur sur les récoltes.

Le diméthoate, un insecticide très puissant, a longtemps été utilisé pour protéger les cerises. Une substance qui n’est pas sans dangers pour notre santé … L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) a reconnu la toxicité de cette molécule, qui a été interdite en France en avril 2016. Mais l’Union Européenne ne nous a pas suivis. Heureusement la France a interdit l’importation de cerises provenant de pays où le diméthoate est autorisé jusqu’à la fin de l’année 2017. Vivent les cerises françaises ?

Pas si vite … 87,7% des cerises non bio analysées entre 2012 et 2016 contiennent des résidus de pesticides et 6,6% dépassent les limites légales. 6,6%, cela veut dire que la cerise est la championne du dépassement de la limite maximale : elle arrive première sur 19 dans l’étude de Générations Futures !

Dommage, d’autant que des alternatives biologiques existent, sans dangers pour l’homme et pour la planète : un simple filet par exemple fait totalement barrière à la redoutable mouche de la cerise !

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Qu’en est-il des fraises ? Elles sont assez peu sensibles aux maladies et aux insectes, alors pourquoi les asperger de pesticides ?

En 2013, Générations Futures s’était déjà penchée sur la présence de pesticides dans les fraises non biologiques en analysant des fruits provenant de France et d’Espagne et vendus en France. Résultat : plus de 84% des échantillons français contiennent un ou des résidus de pesticides, et c’est 100% pour les échantillons espagnols ! Au total, environ 71% des échantillons contiennent des pesticides perturbateurs endocriniens. Deux pesticides carrément interdits en Europe, l’endosulfan et le carbosulfan, ont même été retrouvés  …

En 2018, nous apprenons que 83% des échantillons de fraises français non bio contiennent des résidus de pesticides sur les 5 années de l’étude. Un pourcentage comparable à celui de 2013.

Dans son étude comparative sur les pesticides dans les fruits menée en 2016, Que Choisir a également fait des tests sur 30 fraises de France et d’Espagne bio et non bio. Les fraises biologiques, qu’elles soient françaises ou espagnoles, arrivent toutes en tête du classement  : dans 8 fraises bio sur 9, aucun pesticide n’a été détecté et dans 1 fraise, moins de 5 molécules sans alerte particulière sur leur toxicité ont été relevées.

Petite anecdote : en mars 2017 un producteur de fraises bio picard a porté plainte contre l’Espagne auprès de la Commission Européenne pour concurrence déloyale. L’agriculteur reproche à l’Etat espagnol une politique laxiste en matière de pesticides. L’Espagne est le plus grand pays producteur de fraises en Europe et, selon le maraîcher, les producteurs de fraises andalous continueraient à utiliser des pesticides interdits depuis longtemps par la législation européenne pour augmenter leur productivité.

Sachant que certains pesticides sont particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et les enfants même à faibles doses, il vaudra mieux opter pour du bio et du français pour satisfaire une « soudaine envie de fraises » …

4. La pêche, la nectarine et l’abricot, une famille très perturbée

Le saviez-vous ?
La nectarine et le brugnon sont de simples variétés de pêches, et non le résultat d’un croisement entre un pêcher et un prunier ! Quant à la différence entre les deux : le noyau de la nectarine se détache facilement de la chair alors que le noyau du brugnon s’en sépare difficilement. C’est aussi simple que ça 🙂

Le pêcher, le nectarinier et l’abricotier sont soumis aux mêmes ravageurs et maladies, notamment au tout petit champignon parasite appelé « cloque du pêcher ». Malheureusement vous trouverez assez difficilement des pêches biologiques sur les étals car leur culture est très contraignante : elle requiert beaucoup d’interventions manuelles et peu de variétés de pêches sont adaptées à la culture biologique. Autre contrainte : une fois cueillie, la pêche bio doit être consommée rapidement.

De 2012 à 2016, 82,8% des pêches et nectarines non bio contenaient des résidus de pesticides ; pour les abricots, c’était guère mieux : 77,4 % !

De son côté, PAN Europe a identifié 22 pesticides potentiels perturbateurs endocriniens dans les pêches. Elles arrivent ainsi en 5ème position du flop ten des fruits et légumes les plus ‘perturbateurs’ de l’Union Européenne.

Près de 19 % des échantillons de pêches et d’abricots en Europe seraient contaminés par plusieurs pesticides, selon le dernier rapport de l’EFSA, ce qui est plutôt inquiétant (rappelez-vous, je vous parlais de l’effet cocktail plus haut). Mais les pesticides c’est un peu comme le basket, les Etats-Unis nous battent à plate couture : d’après la dernière étude annuelle d’EWG, plus de 98 % des pêches et nectarines américaines sont contaminées.

5. Des pommes, des poires, des scoubidou-bidou … et des pesticides à gogo !

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La pomme, c’est le fruit que nous consommons le plus. C’est aussi l’un des plus traités : selon l’INRA, une pomme non issue de l’agriculture biologique subit en moyenne 36 traitements chimiques !

Dans un rapport sur les « pommes empoisonnées » publié en 2015 regroupant des échantillons issus de douze pays européens, l’ONG Greenpeace met en évidence la contamination massive des vergers de pommes par des pesticides toxiques pour la santé humaine et pour la nature, et selon Générations Futures, près de 80% des échantillons de pommes contiennent des résidus des pesticides.

La pomme est aussi 2ème du « TOP 10 des fruits et légumes les plus ‘perturbateurs’ de l’Union Européenne » établi par PAN Europe, avec 21 pesticides perturbateurs endocriniens détectés. Que Choisir a également analysé des échantillons de pommes : 40 au total, dont 8 bio, toutes originaires de France sauf un échantillon provenant des Pays-Bas. Résultat : les 8 pommes bio arrivent en tête du classement ; 7 échantillons bio ne contiennent aucun résidu, et 1 échantillon bio contient moins de 5 molécules sans toxicité particulière.

Pour ne pas finir comme Blanche-Neige, optez donc pour les pommes bio. Evidemment cela vaut aussi pour les jus et compotes de pomme !

Son amie la poire n’est pas vraiment en reste : les trois quarts contiennent des résidus de pesticides dans l’étude menée par Générations Futures. Elle est également 3ème du classement de PAN Europe, avec 20 pesticides perturbateurs endocriniens détectés. Selon les analyses de Que Choisir, sur 40 échantillons, les six poires bio arrivent à nouveau en tête, 5 d’entre elles ne contenant aucun résidu.

Ne coupez pas la poire en deux : pour votre santé, privilégiez l’agriculture biologique 🙂

Les légumes à acheter bio

1. Céleri branche et céleri rave : des pesticides des racines jusqu’au feuilles

Le céleri branche et céleri rave sont deux variétés différentes de la même plante qui n’existent que depuis le 17ème siècle. L’homme a su faire en sorte qu’une même plante développe en parallèle des caractéristiques différentes : le céleri branche a été sélectionné pour produire beaucoup de « pétioles » (les attaches des feuilles), le céleri rave pour qu’il développe une très grosse racine.

Le céleri branche arrive en tête des légumes contenant le plus de résidus de pesticides dans l‘étude de février 2018 : plus de 84% des échantillons sont contaminés, sans parler des 16% d’échantillons qui dépassent les limites légales sur 5 années ! Mais pourquoi arrive-t-il en tête ? Le céleri branche subit beaucoup de traitements contre les maladies bactériennes et fongiques, et comme il n’a pas de peau de protection, les pesticides s’accumulent plus facilement dans les fibres du légume. Des tests de l’USDA (département de l’Agriculture américain) ont révélé que ce légume peut contenir plus de 60 résidus de pesticides différents ! Ce n’est pas pour rien qu’EWG a inclus le céleri dans sa liste « Dirty Dozen » …

Pour le céleri rave, c’est guère mieux : près de 72% des échantillons contiennent des résidus de pesticides et plus de 5% dépassent les limites légales.

2. Les herbes fraîches, l’endive et la laitue nous en font voir des vertes et des pas mûres

Trois quarts des échantillons d’herbes fraîches contiennent des résidus de pesticides et, grandes championnes, plus de 29% dépassent les limites maximales autorisées ! Mais de herbes fraîches parle-t-on ? Nous ne le saurons pas … Ce qui est certain, c’est que ces chiffres sont à relativiser parce que l’étude n’inclut pas le persil, la ciboulette et le basilic, qui sont quand mêmes les herbes les plus courantes. Selon Générations Futures, la DGCCRF aurait analysé ces trois herbes séparément. Les deux enquêtes disponibles en ligne, qui remontent à 2009, sont assez peu parlantes car elles mêlent de nombreuses herbes aromatiques (la première ici, la seconde ici). Nous n’en saurons donc pas plus sur nos herbes fraîches préférées …

Quant à l’endive (ou chicon comme disent les Ch’tis), 72,7% des échantillons non bio contiennent des résidus de pesticides selon l’enquête de Générations Futures, sachant que la France est le premier producteur d’endives en Europe. Les producteurs d’endives français ne seraient donc pas très avares en pesticides …

Mais au fait, savez-vous comment est cultivée l’endive ? Ce légume est de la même famille que les marguerites, les pissenlits et les chardons, vous vous en seriez doutés ? Moi pas du tout … En réalité, vous ne trouverez jamais d’endive telle quelle dans la nature. C’est en fait un gros bourgeon obtenu artificiellement à partir de chicorée selon un savoir-faire ancien qui nous vient de nos amis belges : en gros, on fait pousser de la chicorée, on récolte les racines et on les place dans l’obscurité dans une ambiance chaude et humide. On appelle cela la technique du « forçage ». Dans la nature, sans intervention de l’homme, la chicorée donne des petites fleurs bleues 🙂

De la salade, vous en mangez tous les jours …  Et c’est malheureusement un des légumes dans lesquels on trouve le plus de résidus de pesticides … Le 5ème volet de l’enquête de Générations Futures sur les pesticides perturbateurs endocriniens (2015) révèle que sur 31 échantillons de salade, plus de 80% contiennent au moins un résidu de pesticide ; plus de 67% contiennent un perturbateur endocrinien et plus de 16% contiennent une ou plusieurs substances actives interdites ou interdites d’usage sur salade en France.

La toute dernière étude de Générations Futures de février 2018 indique que 65,8% des échantillons de laitues contiennent des résidus de pesticides. Enfin, selon PAN Europe, la laitue arrive en tête du « top 10 des fruits et légumes les plus ‘perturbateurs’ de l’Union Européenne » !

3. Le poivron et le piment : ça pique un peu !

Le poivron est un légume très attaqué par les insectes. Il n’est donc pas étonnant que 60,5% des échantillons de poivrons et piments contiennent des résidus de pesticides selon l’étude française de février 2018. Le poivron arrive également en 9ème position du « top 10 » établi par PAN Europe, avec 23 résidus de pesticides perturbateurs endocriniens détectés. Le poivron et le piment font également partie de la liste « Dirty Dozen » de l’ONG américaine « EWG« .

D’ailleurs savez-vous pourquoi on trouve des poivrons de différentes couleurs ? A la base, tous les poivrons sont verts et ils ne changent de couleur que lorsqu’ils sont totalement mûrs. Les poivrons d’autres couleurs sont donc d’anciens poivrons verts qui ont mûri 🙂 Les poivrons jaunes, oranges et rouges restent donc plus longtemps en culture que les verts (et pour info, il existe aussi des poivrons violets et noirs !). Si vous ne pouvez pas acheter de poivron bio, optez pour des verts, ils auront été exposés moins longtemps aux pesticides.

4. La pomme de terre : même épluchée, tout le gratin des pesticides réuni dans sa chair

Au four, à l’eau, en purée, en robes des champs, vous consommez la pomme de terre sous toutes ses formes … mais avec les résidus qui vont avec. En France, la pomme de terre reçoit environ 15 traitements différents en moyenne. Le problème est que la peau de la pomme de terre est si fine qu’elle laisse passer beaucoup de pesticides et de fongicides qui se retrouvent dans sa chair. En 2006, l’USDA (département de l’Agriculture américain) a découvert que 81 % des pommes de terre testées contenaient encore des pesticides après avoir été lavées et épluchées.

Greenpeace a mené une enquête sur les pommes de terre françaises en 2015. On apprend que tous les échantillons de terre et d’eau prélevés dans des champs de pommes de terre non bio contiennent des résidus de pesticides, au total 104 !

En 2018, Générations Futures indique que 57,9% des échantillons de pommes de terre non bio analysés sur 5 ans contiennent des résidus de pesticides.

D’autres légumes sont particulièrement touchés par les pesticides : les haricots et les pois non écossés, les poireaux, les melons, les carottes, les tomates, les concombres, les courgettes, les radis, les aubergines, les blettes et les épinards. La liste n’est pas exhaustive : pour découvrir la liste complète établie en février 2018, c’est par ici 🙂

 

Par opposition, certains fruits et légumes ont une teneur en pesticides moins importante comme je vous l’ai dit en intro. Ce sera l’objet d’un prochain article ! Mais rappelez-vous, le mieux reste de privilégier des produits issus de l’agriculture biologique le plus souvent possible. « 5 fruits et légumes par jour », oui, mais bio s’il vous plaît ! 😉

Ecrit par Lorrie
Bienvenue sur mon blog ! Ici on parle nature, bien-être et alimentation saine.

    2 commentaires

  1. Lucie 14 mai 2018 at 06:45 Répondre

    Très très intéressant ton article ! Mais j’avoue qu’on n’a plus rien envie de manger non bio lol
    D’un côté, je ne mange jamais de fruits car à chaque fois ça me gratte la gorge ensuite (pommes, bananes, nectarines), et en particulier les cerises qui me font carrément gonfler les lèvres. C’est pas une allergie pour moi (à tous les fruits ? ce serait fou lol) mais plutôt une réaction à ce qu’ils mettent dessus … et effectivement il y en a des produits ! Le truc du citron c’est dingue …

    Pour les légumes, j’ai la chance d’avoir un potager (et un grand père 😉 ) chez moi, c’est vraiment génial !
    Bisous

    • Lorrie 14 mai 2018 at 18:36 Répondre

      Oh la chance, c’est mon rêve d’avoir un potager ! J’en aurai un quand j’aurai une maison et un jardin à moi. Mais belle-maman (Jocelyne) a le sien 🙂

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