Éblouie par le soleil je ne sens rien d’autre que le sable humide et frais sous mes pieds. Je ris de bonheur et je tends la main. Cette petite main fragile d’une enfant qui sait à peine marcher. Cet amour de la mer ne m’a jamais quittée.

Le chef en cuisine. Je le vois de dos, tablier noué à la taille, s’affairant dans ses marmites. Le menu est inscrit sur le tableau à craie, mais je ne sais pas le lire. Qu’est-ce qu’on va manger ? Surprise, surprise ! Nous passerons bientôt à table. Enfin j’espère. Les bonnes odeurs emplissent déjà la pièce et j’en salive d’avance. Quelques bribes de souvenirs que je chéris comme des trésors.

Je me souviens aussi de ces grandes tablées familiales qui nous réunissaient pendant de longues et chaudes soirées d’été. Des repas sans fin où chacun se ressert avec plaisir, parce que tout est délicieux et qu’il y en a pour tout le monde. Les poissons rouges dans l’étang, qui jouent à cache-cache sous les nénuphars. Ce petit chien noir et blanc qui réclame sans cesse des caresses et qui joue avec la nappe. Les gros poulets fumants servis à table, dont chacun demande à loisir du blanc ou de la cuisse. A la fin du repas, “l’os du souhait” qu’on s’amuse à casser après avoir fait un vœu. Le muselet de la bouteille de champagne transformé en tortue, juste pour le plaisir de faire sourire la petite fille que j’étais.

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Je meurs de faim. Heureusement, j’ai mon sandwich jambon-beurre pour le goûter. Et puis, comme dit Maman, tant pis pour ceux que ça amuse, moi mon goûter il est salé et puis c’est tout.

Je ne compte pas ces repas faits à la va-vite parce qu’on ne sait pas comment faire autrement. Parce que le frigo est vide, désespérément vide, et qu’il faudra encore attendre quelques jours avant de pouvoir le remplir à nouveau. Ce soir, je me contenterai de pâtes, et d’un œuf. Je dois bien avoir un fond de sauce bolognaise dans un bocal. Je n’ai pas le cœur à cuisiner de toute façon. Je mange pour manger. Parce qu’il le faut bien. Peu m’importe le reste.

Ces repas de fête où l’on passe des heures à table. Où lorsque arrive le plat principal, on sait déjà que l’appétit n’est plus de la partie. On s’est gavé de foie gras. Un bon foie gras artisanal, dégusté avec un petit Sauternes, des groseilles et de la confiture de figue. Comme il se doit, car c’est un pur délice.

– Vous avez choisi ?
– Oui, pour moi ce sera la sole !
Je sais que je vais me régaler. Pour une fois que je mange du poisson ! Ici ils savent bien le cuisiner, et leurs accompagnements sont à se damner.

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Construire des cabanes dans les arbres. Partager un repas préparé au coin du feu. La chaleur du brasier et le crépitement du bois. Les grandes découvertes, avec les copines. Courir à perdre haleine à travers bois et s’émerveiller devant une toute petite grenouille qui se délecte d’un peu d’eau fraîche dans un ruisseau. Cette nuit-là passée à écouter les cerfs bramer, à deviner leur silhouette majestueuse entre les arbres. Et les chants. Comme un seul cœur à l’unisson. J’ai grandi en ville et cette nature lointaine, je la retrouvais et apprenais à la connaître pendant les vacances d’été. Un peu comme si j’avais arrêté de respirer pendant des mois et qu’enfin l’oxygène entrait à nouveau dans mes poumons. Cette bourrasque d’air pur m’apaise et me réconforte. Forêt, tu m’as manqué. Je te retrouve enfin.

Je l’entends encore me dire: Allez, je t’ai acheté un bon rumsteak, comme ça tu vas faire le plein de fer pour le mois. Avec tout le sang que tu perds, tu vas être anémiée ! Tout ce sang, toute cette chair à vif, ça m’écœure. Je ne peux plus manger de viande. De toute façon je n’ai jamais vraiment aimé ça.

Le chant des oiseaux me réveille à nouveau au petit matin. Les merles et les tourterelles semblent se répondre, tour à tour, comme dans une mélodie à plusieurs voix. Le printemps est là.

C’est un festival de couleurs. Ce coucher de soleil semble sorti d’un tableau de Monet. Et chaque soir c’est un spectacle différent.

Cette nature, je veux la protéger. Ces animaux, je veux les aimer. Mais plus dans mon assiette.

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Ecrit par Lorrie
Bienvenue sur mon blog ! Ici on parle nature, bien-être et alimentation saine.

    2 commentaires

  1. Lucie 14 mai 2018 at 07:16 Répondre

    Heureusement la gourmandise, la convivialité sont aussi au rendez-vous quand on ne mange plus de viande ! 🙂 Certaines personnes n’y croient pas trop mais je m’amuse bien en tentant de prouver le contraire ! 🙂

    • Lorrie 14 mai 2018 at 18:28 Répondre

      Oui, je suis d’accord, j’essaie de faire pareil. Si tu es un cordon bleu, il faut que tu partages tes recettes 🙂

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