Bonjour bonjour ! Ça y est, vous connaissez les bases de la liste INCI (petit rattrapage ici si ce n’est pas le cas) et vous voulez en savoir plus sur les substances à éviter ? Voici un récapitulatif des substances « cracra » à fuir !

1. Les huiles minérales et dérivés pétrochimiques

Le saviez-vous ?
En cosmétique conventionnelle, on trouve une majorité d’ingrédients synthétiques, souvent issus de la pétrochimie, voire de la chimie lourde. Ces ingrédients sont nocifs pour l’environnement et sont soit toxiques pour la peau, soit sans intérêt nutritif.

Qu’est-ce que c’est ? Les huiles minérales sont des corps gras dérivés du pétrole. Oui vous avez bien lu, du pétrole ! Elles sont d’ailleurs utilisées comme lubrifiants mécaniques ou comme huiles de moteur dans différentes industries …

Ce sont ces mêmes substances que vous pourrez retrouver dans des produits de maquillage et de nombreuses crèmes hydratantes (vous savez, le pot bleu et blanc qu’on a tous utilisé comme hydratant universel ?). Regardez bien la liste INCI, Paraffinum liquidum est souvent en 2ème position dans de nombreux cosmétiques conventionnels.

A quoi ça sert ? Les huiles minérales forment un film occlusif, c’est-à-dire une barrière sur la peau pour limiter sa perte naturelle en eau. Vous aurez donc la sensation que votre peau est hydratée et douce, mais ce n’est qu’une impression : cela ne durera que tant que vous appliquerez le produit sur votre peau …

EWG
EWG (Environmental Working Group) est une organisation à but non lucratif et apolitique consacrée à la protection de la santé humaine et de l’environnement. C’est une source incontestable dans le domaine des cosmétiques sur le plan scientifique. Elle est basée aux Etats-Unis.

Pourquoi les éviter ? En formant une couche grasse sur la peau, les huiles minérales peuvent avoir pour effet de boucher les pores de la peau et de l’empêcher de respirer. Coucou boutons et points noirs …

En plus d’être issus d’une industrie très polluante, ces ingrédients sont des corps inertes, c’est-à-dire qu’ils n’apportent aucun élément nutritif à la peau : vous savez, des vitamines, des antioxydants, des acides gras (contrairement aux huiles végétales).

Ils ne sont pas reconnus comme toxiques pour la peau mais des études recensées par EWG ont montré qu’ils peuvent être irritants et allergisants ; ils sont également potentiellement nocifs pour le système immunitaire et cancérigènes en cas de contact prolongé dans le temps.

Alors pourquoi les huiles minérales sont-elles utilisées par les fabricants ? Elles présentent plusieurs avantages : faible coût et stabilité dans le temps.

Sur l’étiquette : Petrolatum, Cera Microcristallina, Paraffinum Liquidum, Mineral Oil …

2. Les silicones et polymères

Qu’est-ce que c’est ? Les silicones et polymères sont au départ dérivés d’un produit naturel, la silice, mais subissent d’importantes transformations chimiques avant d’être ajoutés à nos cosmétiques. Ils ont différents noms (le diméthicone est un des silicones les plus connus).

A quoi ça sert ? Les silicones sont présents dans beaucoup de cosmétiques (shampoings, crèmes, sérums, fonds de teint …) pour donner une texture agréable au produit appliqué.

Pourquoi les éviter ? Bien que des études aient montré que les silicones et polymères sont sans danger pour la peau, il a été reconnu qu’ils sont extrêmement polluants : ils mettent énormément de temps à se dégrader dans l’environnement ; certains silicones perturbent également l’écosystème en s’accumulant dans des organismes aquatiques (on en a retrouvé dans le foie des poissons !).

Sur l’étiquette : noms en -one et en -oxane, par exemple Dimethicone, Cyclohexasiloxane, Amodimethicone, Hexamethyldisoloxane (tous les noms terminant par -siloxane et -methicone).

3. Les matières éthoxylées

Le saviez-vous ?
Evitez d’acheter des produits contenant des substances polluantes : elles se retrouvent ensuite dans les eaux usées après votre douche ! Exemple parlant, les silicones mettent entre 400 et 500 ans à se dégrader dans l’environnement, rien que ça …
 

Qu’est-ce que c’est ? Beaucoup de substances dans cette catégorie ! Parmi elles, certaines sont très courantes, comme les PEG (polyéthylènes glycols), les PPG (propylènes glycols) et les SLS (Sodium Laureth Sulfate / Sodium Lauryl Sulfate).

Moins connus, vous pourrez rencontrer des substances en -eth (Arachideth, Beheneth, Buteth, Ceteareth, Cetheth, Coceth, Laneth, Laureth, Myreth, Oleth, Pareth, Talloweth, etc), mais aussi en -oxynol (butoxynol, octoxynol, nonoxynol) ou bien le préfixe hydroxyethyl- (ex. Hydroxyethylcellulose). Il faut ajouter à cette liste les Polysorbates, les Quaterniums, les Polysilicones et les Diméthicone Copolyols (atchoum). Vous êtes un peu perdu ? C’est normal …

Le point commun de toutes ces substances aux noms barbares est leur processus de fabrication (chimique, on s’en serait douté) : l’éthoxylation, un procédé très encadré qui a recours à des gaz extrêmement réactifs et toxiques.

A quoi ça sert ? Certaines matières éthoxylées servent d’ « humectants », autrement dit elles servent à retenir l’eau et à prévenir le dessèchement de la peau et du produit cosmétique en lui-même. D’autres substances éthoxylées sont des émulsifiants ou des tensioactifs ; elles permettent de lier différents ingrédients les uns aux autres ou bien de faire mousser le produit.

Pourquoi les éviter ? Il est reconnu par la communauté scientifique que ces composés ne présentent pas en eux-mêmes de danger pour la santé. Cependant certains d’entre eux ont un pouvoir irritant s’ils sont utilisés en grande quantité, ou auront tendance à rendre la peau plus perméable et donc à accroître l’absorption d’autres substances nocives présentes dans le cosmétique concerné. Leur processus de fabrication est également extrêmement polluant, sans parler du fait que ces substances sont très peu biodégradables.

Sur l’étiquette : PEG, PPG, SLS, mots en -eth et en -oxynol, mots commençant par hydroxyethyl-, Polysorbate, Quaternium, Polysilicone, Dimethicone copolyol + tous leurs dérivés

4. Les perturbateurs endocriniens

C’est quoi un perturbateur endocrinien ?
C’est une molécule qui a un impact sur notre système hormonal, et par conséquent sur le bon fonctionnement de nos organes. Selon l’OMS, c’est « une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations ».
 

Qu’est-ce que c’est ? Beaucoup de substances sont concernées : ces substances chimiques sont suspectées de perturber ou d’interférer avec notre système hormonal, même à faible dose. Les plus connus sont bien sûr les parabènes, qui ont fait le buzz il y a quelques années, mais il n’y a pas qu’eux. L’UFC Que Choisir a réalisé en 2013 une étude approfondie sur 66 produits. Ça donne froid dans le dos …

Pourquoi sont-ils utilisés ? Les substances en question peuvent avoir des fonctions très différentes : conservateurs, filtres et absorbeurs UV, d’émollients (pour assouplir et adoucir la peau) ou encore d’antibactériens. Ils sont présents dans beaucoup de cosmétiques (gels douches, shampoings, dentifrices, crèmes, maquillage …).

Pourquoi les éviter ? Dans un rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) datant de 2013, des experts ont désigné les perturbateurs endocriniens comme « une menace mondiale pour la santé humaine et l’environnement ». Est-ce que je suis la seule à flipper ? #ausecours

Sur l’étiquette :  paraben, ethylhexylmethoxycinnamate, benzophenone, cyclotretrasiloxane, cyclopentasiloxane, triclosan, phtalate, nonyl- / nono-, phenoxyethanol, oxybenzene / oxyphenol / benzenediol, Benzophenone / Oxybenzone / 4-Methylbenzylidene Camphre / Oxybenzone … La liste est très compliquée et malheureusement pas exhaustive.

5. Les parfums synthétiques

Le saviez-vous ?
Ce n’est pas parce qu’un cosmétique est « naturel » ou « biologique » qu’il ne pourra pas causer une allergie chez un individu.

Qu’est-ce que c’est ? Dans la liste INCI, les parfums synthétiques correspondent aux termes « Parfum » et « Fragrance ». Il s’agit généralement d’un mélange de plusieurs produits chimiques. Bon à savoir : « Parfum » et « Fragrance » peuvent représenter plus de 3.000 substances différentes !

A quoi ça sert ? Les parfums synthétiques sont beaucoup utilisés dans l’industrie du parfum. Bon à savoir : les fabricants n’ont pas l’obligation d’indiquer la composition de leurs bouteilles de parfums (les recettes sont reconnues comme des secrets industriels).

Pourquoi les éviter ? Parmi les parfums synthétiques, peuvent se trouver des substances comme les phtalates et les muscs synthétiques, des produits chimiques nocifs. Plusieurs études scientifiques ont reconnu que plusieurs parfums synthétiques sont irritants, allergènes et peuvent provoquer de l’asthme. Ça, c’est la partie pas trop méchante. Plus inquiétant, il y aurait des risques de perturbations hormonales, une nocivité pour les organes reproducteurs, une neurotoxicité … (résumé d’une étude américaine ici par exemple). Et c’est pas fini, le cocktail parfumant n’est pas franchement bon pour la planète (cf. page 31 d’une étude de 2009 menée dans la région des Grands Lacs, ici). Vous ne regarderez peut-être plus votre flacon de parfum de la même manière …

Vous pourrez facilement distinguer les parfums synthétiques des parfums naturels, qui eux ont une dénomination latine ou bien sont suivi d’un * pour indiquer l’origine biologique.

Quelles alternatives ? Privilégier les parfums bio (oui, ça existe !) ou portant la mention « Slow Cosmétique ».

Sur l’étiquette : Parfum, Fragrance

6. BHT et BHA

Qu’est-ce que c’est ? Leurs petits noms ? BHT = hydroxytoluène butylé, et BHA = hydroxyanisole butylé. Avec ça, vous aurez de quoi crâner lors de votre prochaine soirée entre amis.

A quoi ça sert ? Ces substances sont utilisées comme antioxydants dans certaines matières premières huileuses (pour éviter leur rancissement).

Pourquoi les éviter ? Ces substances peuvent produire des réactions allergiques cutanées. Le BHA est également classé comme potentiellement cancérigène et comme un perturbateur endocrinien. Encore un vilain ingrédient, décidément …

Quelles alternatives ? Le BHT et le BHA peuvent être remplacés par un antioxydant naturel : la vitamine E. Il est donc étrange que les industriels continuent de les utiliser …

Sur l’étiquette : BHT, BHA

7. EDTA

Qu’est-ce que c’est ? L’EDTA est ce qu’on appelle un « agent de chélation » : c’est un stabilisateur de produits qui masque la toxicité de certains composés. Autre caractéristique, il fixe d’autres éléments, notamment les métaux lourds comme le plomb ou le mercure. On le rencontre notamment dans les savons, gels douches, shampoings …

Pourquoi l’éviter ? L’EDTA n’est pas éliminé par les stations d’épuration ni n’est retenu par les filtres à charbon actif, on peut donc le retrouver dans notre eau potable, potentiellement chargée de métaux lourds si vous avez bien suivi … A proscrire donc.

Sur l’étiquette : EDTA associé à tout autre mot, par exemple Tetrasodium EDTA.

8. Colorants synthétiques azoïques

Qu’est-ce que c’est ? Un rouge à lèvres ou du blush sans couleurs, vous avez déjà essayé ? 😉 Vous le savez sans doute, les colorants utilisés dans le maquillage peuvent être d’origine naturelle ou synthétique. A savoir, dans la liste des composants d’un cosmétique, un colorant est toujours présenté de la manière suivante : le code CI (Color Index) suivi de 5 chiffres. Maintenant je vais vous poser une colle : quelle différence entre CI 14720 et CI 77491 ? Vous ne voyez pas ? Et bien ce sont deux colorants rouge, le premier est un synthétique azoïque, le second est d’origine minérale, donc naturelle. Le problème est que parmi les colorants d’origine synthétique, les colorants dit « azoïques » sont très critiqués (étude ici) ; or il n’existe aucune liste officielle des colorants azoïques utilisés en cosmétique, il faut chercher soi-même l’information colorant par colorant ou bien se référer à  La vérité sur les cosmétiques de Rita Stiens.

A quoi ça sert ? Les colorants azoïques sont beaucoup utilisés car ils permettent d’obtenir des couleurs intenses. Ils sont utilisés en cosmétique, dans l’industrie alimentaire et dans l’industrie textile.

Pourquoi les éviter ? Les colorants azoïques sont issus, accrochez-vous bien, du goudron ! Ce rouge à lèvres rose fluo, c’était peut-être pas une si bonne idée finalement … Le composé de base de ces colorants est l’aniline, une substance reconnue toxique pour l’homme et pour l’environnement (on se serait douté que le goudron, à part sur les trottoirs et les routes, c’est pas tip top). Des études scientifiques ont démontré que les colorants azoïques sont allergènes et potentiellement cancérigènes. Inquiétant : 25 de ces colorants sont encore autorisés au sein de l’Union Européenne, alors qu’ils sont interdits aux Etats-Unis !

 Quelles alternatives ? Privilégier des produits bio (et oui, encore une fois), car les tous labels bio interdisent le recours à ce type de colorants dangereux pour la santé.

Sur l’étiquette : CI + 5 chiffres, par exemple CI 15850 et CI 15985 sont des colorants azoïques, mais il faut faire une petite recherche pour le savoir (ici par exemple). Les colorants azoïques commencent souvent par CI 1…. et CI 2….

9. Les sels d’aluminium

Qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ? Les sels d’aluminium sont présents surtout dans les antitranspirants et déodorants et fonctionnent en bouchant les pores pour empêcher la production de sueur.

Pourquoi les éviter ? Les sels d’aluminium peuvent endommager les glandes sudoripares, surtout sur une peau sensible ou fragilisée. Pire, ils peuvent traverser la barrière cutanée, provoquant une accumulation d’aluminium dans l’organisme, pouvant être à l’origine de maladies graves : la maladie d’Alzheimer ou (qu’est-ce que je disais déjà ?) un cancer du sein

Sur l’étiquette : Aluminium associé à un autre mot, par exemple Aluminium chlorohydrate, Aluminium stearate, Aluminum sulfate, Aluminium hydroxyde …

Le mot de la fin

Vous voulez en savoir plus ?
Je vous conseille de parcourir le panorama des produits cosmétiques renfermant des ingrédients indésirables de l’UFC Que Choisir (mis à jour en 2017) et / ou à vous procurer le magazine hors série 60 millions de consommateurs sur les cosmétiques non toxiques. 
 

Félicitations, c’était pas facile mais vous êtes arrivé jusqu’ici ! 👍 Comme vous avez pu le constater, la liste est terriblement longue … Et malheureusement, elle n’est pas exhaustive ☹

Vous devez vous dire : bon c’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce qu’on fait ?

Le plus simple est d’opter pour des cosmétiques labellisés bio ou portant le label Slow Cosmétique : vous aurez la certitude que ces substances cracra seront absentes de la composition, leur emploi est interdit !

 

A présent, je vous invite à aller chercher des produits de votre salle de bains et à inspecter leur composition (liste INCI) : quelles substances compromettantes avez-vous trouvées ?

Ecrit par Lorrie
Bienvenue sur mon blog ! Ici on parle nature, bien-être et alimentation saine.

Laisser un commentaire